Peintre

 

Représenté par la Galerie Mathieu, Lyon.

 

Passage du ciel, I, II et III, oct/nov 2016

 

Actualités :

- St'art 2016, Strasbourg

 

St'art 2016 invitation

 

 

 

- Exposition personelle Galerie Mathieu, septembre - octobre 2016 (Préface de l'exposition​)

- Ronde d'artistes Galerie Mathieu, février - mars 2016.

Geneviève ASSE
Yayoï Kusama 
Pierre Mabille
Agnès Maes
Frédéric Montégu
François Morellet
Aurélie Nemours                                                                                             
Michel Pagnoux 
Christian Rigault 
Georges Rousse 
Vladimir Skoda

- Exposition personelle Galerie Mathieu, mars - mai 2014.

- Quatre peintres abstraits février-mars 2012.  

- St'art (Strasbourg 2011).

- Foire de Prague 2011.

- Exposition personnelle printemps 2010.

 

 

Voyez vous ? : Sortie en librairie le 16 janvier 2014                                    

 

Voyez Vous

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes d'atelier et autres notes en cours. Revue l'Etrangère 40/41, 2016

En préparation, Pages de peinture, approches de la pictualité selon trente-neuf versants, dont voici le prologue :

 

La picturalité est l'expérience courante du peintre, comme il peint et la pratique à sa manière de la peinture. Peindre, qui signifie désobéir selon la raison à toutes sollicitations et tentations dont un regard est l'objet, n'est en rien s'adonner à la production  d'images (le tailleur d'images, du temps des Guildes déjà, était sculpteur et non peintre et toute image n'est jamais qu'asservissement consenti à son modèle et conjointement présentation seconde d'icelui), mais à les convaincre de se plier, selon ses arguments et sa technique éprouvée, aux allures de sa pensée transformatrice, ce faisant de la leur – toutes choses se montrant susceptibles d'être décomposées, puis recomposées de notre fait,  sous nos yeux, à vif, solidairement.

 

 

 

Unique en soi et pour soi, toute picturalité se présente complexe et diffère d'un artiste l'autre. Pour l'atteindre, l'accomplir absolument, elle réclame d'un peintre qu'il le soit tout entier, que soit puisé en lui et dehors à de multiples sources et ressources −. Comment dire ? Sans relâche, il se le commandera, il fera monter au jour – c'est-à-dire à l'étage du réel −, ce dont un instant plus tôt l'on ignorait tout, l'inconnu, l'imaginaire aussi bien, au  lointain, qui pourtant vous rejoint, prend forme  et traverse. Tout inventer.

Le mot picturalité n'est ni des plus limpides ni des plus plaisants, un peu acide, un rien pointu. On le dirait sans grande destinée, s'il ne recelait à sa racine le pictor, le peintre, en puissance de lui-même, mais astreint par avance aux limites de son état, du monde alentour et des diverses bienséances qui lui tiennent lieu de passé,  de présent et d'avenir. De ces trois données temporelles, l'art ne fait qu'un.

 

En peinture, le mot facture nomme la manière dont une chose est faite. Il redouble le terme de picturalité, mais semble renvoyer le tableau à sa seule exécution. Exécution, faire, facture, patte, manière, style appartiennent au vocabulaire des ateliers. La critique et l'esthétique les empruntent, mais à distance de la pratique et laissent les peintres à leur "cuisine", dont ils se désintéressent. Il est vrai qu'à ce sujet, rien n'est enseigné, les ouvrages techniques sont roboratifs et sous les airs que nous proposent des œuvres admirables, − airs  avenants, sinon appétissants −, la picturalité s'avère de nature  à se voir confondue au désordre apparent des mondes ou des galaxies. Désordre complexe et entortillé. Une diablerie. Ou son pluriel. Tout est bien ainsi. Le peintre aime à demeurer seul à l'atelier où il jouit longuement à démêler les ressources cachées qu'une à une il découvre et dévoile. Pour qu'il y ait à voir, que d'abord il y ait à discerner, parmi la confusion du dehors. Seul voir démêle. Au commencement est le regard. Même avant que tu parles. Il est pour l'esprit en essor une planche d'élan. Et dit, au terme de son effectuation : ceci est. Je suis allé à sa rencontre. (Un peintre sait que c'est là peindre déjà. Un peintre est celui pour qui pareille matière de l'existant lui est présente au regard, qui  est matière à peindre comme est ouverte par l'esprit toute matière à exister, peinture aussi, peinture encore)

  Ceci est, ceci est ainsi. Le mot qu'appellerait clairement tout regard "parlant" assuré de lui-même et de ce qu'il a vu serait ce mot ainsi, ce composé de très peu, de l'essentiel et du profond. En ce peu tout serait. La peinture, de part son achèvement même et son trajet, est un ainsi parvenu à son terme.

 

 La pratique demeure de la privauté du peintre, pour peu qu'en amont déjà, il eut fait œuvre de regard. Le regard du peintre est parfaitement convaincu de ce qui lui est demandé. Good boy. Il va de découverte en conviction. Cézanne le ressent : il lui brûlait les yeux. Et que dit le regard ? Qu'il n'y voit rien. Que seul compte le discernement, ce que voient les yeux de l'esprit. L'on peint selon l'esprit et non des yeux.

 

Le présent ouvrage traite sans l'épuiser de la complexité plurielle de la picturalité, visitant tour à tour 39 de ses versants et l'approchant ainsi. Pour ce faire, plutôt que se porter au chevet de procédures ouvrières barbantes au néophyte, au loin de tout examen linéaire mais savant, il scrute cet étrange objet à facettes depuis de multiples points de vue. L'on se perdrait en pareil ouvrage. Plutôt l'on s'y désorienterait, déboussolé.

 

Parmi les genres littéraires dans leur diversité se discerne une famille discrète et peu répandue allant, savantes raretés, des analectes aux varia, des silves aux spicilèges et aux miscellanées. Ouvrages d'un peu tout, mélanges et diversités à l'étalage. Objets abordés de toutes parts.  L'ouvrage présent s'y rattache bien volontiers, sans assurance ni revendication. Plutôt, l'auteur étant peintre et non écrivain, historien, critique ou philosophe, aura-t-il privilégié une revue du domaine pictural sans ordre militaire, une déambulation, sur fond d'introspection. Des alliances nombreuses se seront nouées en chemin, lors de pas de côté : un poète ou un broyeur de couleurs, un deux trois peintres élus, un auteur de compendium, des aveugles, des voyants et des coloristes. Le peuple des couleurs et des mots, à la rencontre de celui des lumières.

 

 

                                                                                                 

 

 L'atelier au fil des jours, clichés intermédiaires...

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